***Pour revenir à la page d’accueil** ICI
CONFESSION TARDIVE
après un demi-siècle d’A110 1600S
« Ce que 54 ans de bricolages m’ont appris »
Je ne suis pas le dernier à professer :
« Une berlinette ça tombe en marche »
« Jamais de pannes, uniquement des opportunités d’améliorations »
« Une âme de mécanicien est indispensable à la possession d’une berlinette »
« Si tu penses n’avoir plus rien à faire dessus c’est que tu as mal cherché »
… et autres gracieusetés à l’attention de nos autos !
Avec le recul, je me dois aujourd’hui de reconnaître que la grande majorité des pannes subies pendant 54 ans avaient en réalité pour origine mes « transformations » et autres « améliorations ».
— Disque d’embrayage en métal fritté à 3 secteurs
Explosé par centrifugation assez rapidement.
— Mécanisme d’embrayage de R12G G2 taré à 450 kg
Pédale extra dure et finalement arrachement de la butée de gaine sur le châssis.
— Allumage électronique à décharge capacitive (en 1973, technologie d’époque)
Percement d’un piston.
— Cornets de carburateurs sans filtre à air
Échange de 4 chemises/pistons, et ce par deux fois : le chimpanzé, contrairement à l’homme, ne répète pas ses erreurs.
— Nombreuses pannes d’allumage avec les prototypes électroniques programmables : capteur Hall, connectique…
Ici le problème est résolu depuis plus de 5 ans.
— Claquement de bielle/piston très inquiétant
Après de longues recherches et début de dépose moteur : simplement une vis de poulie de pompe à eau mal serrée lors d’un remontage trop rapide.
— Blocage total à plus de 100 km/h de la roue AVD, heureusement en ligne droite !
Perte d’une vis de fixation de l’étrier de gros freins, mal serrée de toute évidence.
— Plusieurs départs de feu (heureusement rapidement étouffés grâce à un plaid)
Dus au mauvais remontage (trop rapide) d’un banjo, d’un flotteur…
— Éclatement d’un double roulement arrière
L’amélioration apportée par ce double roulement n’est pas en cause, MAIS : prière de vérifier que tout roulement neuf est bien plein de graisse avant montage !
— Sur circuit, nécessité de pomper la pédale pour rattraper le jeu des plaquettes après chaque virage
Oui, le jonc anti-retour à l’intérieur du piston de l’étrier n’est pas une option.
— Ratées systématiques uniquement sous forte accélération
La crépine sur le tube d’aspiration dans le réservoir d’essence n’est pas optionnelle : elle évite l’arrivée d’impuretés/déchets dans le tube lors d’accélération importante.
Au hasard des routes, j’ai rencontré 2 ou 3 propriétaires de berlinettes n’ayant aucune connaissance en mécanique mais roulant cependant sans problème notable.
Ceci tendrait à prouver que ces autos sont finalement d’une honnête fiabilité
SI ON LES LAISSE EN CONFIGURATION D’ORIGINE.
C’est un choix respectable que je ne regrette cependant pas d’avoir allègrement violé, en considérant mon auto comme un laboratoire d’expérimentation sur 4 roues, me permettant de :
développer des connaissances en carburation
idem pour l’hydraulique avec le circuit de freinage : maître-cylindre, étriers, connectique
concevoir et développer un système d’injection électronique complet
concevoir et développer plusieurs allumages électroniques, matériel et logiciel, qui ont essaimé en plusieurs centaines d’exemplaires
côtoyer plusieurs professionnels, individus fort compétents dans leur domaine et riches en couleurs, tels Dominique Frossard (caisse et châssis), Michel Camus (préparation moteur), Gérard Cousin (boîte de vitesses), Jean-Claude Savoye et Pascal Létiche (arbre à cames)…
faire la connaissance de sympathiques propriétaires à la recherche de renseignements techniques
… même si tout ceci impliquait fréquemment la vérification de l’adage :
« Tu démontes pour voir comment ça marche, et ensuite tu re-démontes pour comprendre pourquoi ça ne marche plus. »
— Honoré H.
La compilation de tous ces bidouillages a permis de créer un site dédié à la berlinette, loutrel.org, qui me survivra afin de continuer à aider les générations futures dans leurs restaurations.
